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dimanche 20 juin 2010

1 fois 5: on se souvient... ****

L'Histoire avec un grand H. Un soir inoubliable pour les quelque 300 000 spectateurs ayant pris d'assaut le mont Royal pour entendre cinq monuments de notre chanson.

«D'égal à égal, ils n'avaient pas d'autre choix que d'être vrais », écrit Lise Payette dans le livret de cette réédition du légendaire concert 1 fois 5 du 23 juin 1976. Le disque, on connaît: les succès de Léveillée, Charlebois, Vigneault, Deschamps et Ferland, chantés ensemble ou séparément. Pour ceux dont les sillons du vinyle sont devenus des canyons avec le passage répété de l'aiguille du tourne-disque, la réédition CD n'est pas de trop. Or, GSI Musique joint à l'album un DVD contenant l'intégrale de la captation télé du spectacle de Montréal (la version disque amalgamait les meilleures versions des concerts de Montréal et de Québec, deux jours plus tôt, c'est donc qu'il y a quelques inédits). De plus, les acteurs de cet événement livrent leurs souvenirs du spectacle dans un documentaire de 30 minutes. Un disque que tout amateur de chanson d'ici se doit de posséder.

Philippe Renaud, collaboration spéciale
La Presse

samedi 19 juin 2010

Buck 65: déjà 20 ans de beauté ***1/2

Déjà 20 ans depuis le début de la carrière de Buck 65, cet autoproclamé romantique international et bibitte étrange.

Il célèbre avec ce DVD/CD qui comprend un film d'une heure et un mini album de quatre chansons. Le film décousu risque de plaire seulement aux mordus - ce que nous sommes. On y voit des extraits de concerts, des paysages mélancoliques, de courtes animations, un clip qui s'étire un peu trop et de fascinants monologues. Buck 65 y parle d'une «épiphanie violente» et explique sa généalogie artistique. Pour lui, le hip-hop vient autant des rues de New York que du staccato de Burroughs ou Subterranean Homesick Blues de Dylan. Quant au mini-album, il est très bon. Buck 65 commande l'attention avec sa voix lourde et écorchée, qui ajoute un peu de sens à chaque mot. Gee Whiz (avec Nick Thoburn de Islands) est irrésistible. Il reprend aussi bellement Who By Fire de Cohen (avec Jenn Grant), et parle de Michael Jackson à sa façon dans Superstars Don't Love. On attend impatiemment l'album complet, cet automne.

Paul Journet
La Presse

samedi 12 juin 2010

Plume Latraverse : rock'n'Plume

Moé, j'aime pas ça, travailler: c'était la première chanson qu'a chantée Plume hier, au Métropolis, au cours de la première de ses deux représentations aux FrancoFolies (il y sera de nouveau ce soir). C'était tant mieux, puisque ce qui compte, c'est que Plume aime chanter et faire du rock et c'est exactement ça qu'il a offert à la foule hier.

Une foule d'abord assez sage et assise, mais qui n'a pas lésiné sur les applaudissements, les cris, les chants en choeur, et qui s'est de plus en plus excitée au fil de cette soirée au cours de laquelle le grand Latraverse a chanté plein, plein de ses chansons les plus rock et les plus «n'roll». Certaines étaient cousues les unes aux autres (Plume avait prévenu qu'il allait faire de longues courtepointes musicales à l'aide de plusieurs de ses chansons et les «coutures» étaient vraiment réussies), les autres étaient interprétées au complet. Dans tous les cas, c'était musical à l'os, rock au cube, Plume à planche.

Impossible de dire tout ce qu'il a chanté, mais ça allait de Fucké-fucké au Roi de la marchette, de Chien fou à Pleine lune, de Ma porte de shed à Bobépine, de Rideau à Moutonoir, d'Assis aux Mauvais compagnons, de Beau et chaud à La ballade des caisses de 24, de Lit vert à Jonquière et j'en passe au moins 20 autres... Que dire, sinon que c'était écoeurant? Que les applaudissements ont duré longtemps à la fin? Et que Latraverse a chanté Les mauvais compagnons?

Parlant des Mauvais compagnons, c'est-à-dire les musiciens qui accompagnent Michel Latraverse, ils étaient tous absolument impeccables et soudés hier, comme autant de doigts autour de ce longiligne pouce qu'est Plume: à la batterie, Pistache Guillemette, à la basse, Grégoire Morency, aux claviers, Richard Lord, et à la guitare, le seul et unique JC Marsan, qui nous a donné certains de ses solos les plus allumés hier soir.

Pas de bavardage, pas de niaisage, beaucoup de décibels (des bouchons ne sont pas inutiles...), c'était bel et bien le show rock promis par Plume.

«Si partout il y a un ras-le-bol, a chanté le grand Latraverse, s'il y a du sarin dans le métro, pis que les armes se vendent au prix de gros, c'est la faute à El Niño.» Hier soir, s'il y a eu beaucoup de «fun», beaucoup d'ovations et beaucoup de musique, c'était la faute à El Plumo...

* * *

En première partie de Latraverse, le quatuor chicoutimien Bruno Rodéo et ses routiers a surpris le public: non, ces gars-là ne faisaient pas dans la parodie de western, ils faisaient bel et bien du western, québécois qui plus est, dans les règles, comme d'autres font du flamenco ou de la musique manouche! Avis aux intéressés: leur album Envoye par-là s'écoute vraiment bien sur la route et le regretté Bobby Hachey aurait été fier d'eux, hier soir!

Marie-Christine Blais
La Presse

vendredi 11 juin 2010

Élage Diouf: Élage = métissage ***

Séparé (momentanément?) de son frère Karim, Élage Diouf livre un disque de world pop tout à fait respectable, créé dans un esprit de métissage.

Même si sa fibre sénégalaise s'entend du début à la fin (mélodies typiquement ouest-africaines, textes en wolof), le chanteur/percussioniste emprunte musicalement à droite et à gauche pour créer un paysage multiple, pigmenté de cornemuses écossaises, de guitares country-blues et de percussions brésliennes, sans oublier les quelques «invités-vedettes», dont Jenny Salgado de Muzion, Mike Sawatzky des Colocs et surtout Jean Leloup, qui offre un des moments forts du disque en déblatérant sur la potentiellement radiodiffusable Dama La Nob. La sauce prend et le groove est bon. On sent l'honnêteté dans la démarche, même si on tombe parfois dans le « tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil ». L'intention commerciale est évidente. Le son est propre, la production est lisse - même un peu trop à notre goût. Mais on ne peut blâmer Diouf de vouloir sortir de la niche folklorique.

***

Jean-Christophe Laurence La Presse

jeudi 27 mai 2010

Chick'n'Swell: ça goûte vraiment drôle ***1/2

(Montréal) Cette critique a été écrite avec l'approbation de deux personnes de 12 ans qui ont fait trois heures et demie (210 minutes!) d'automobile sans jamais rechigner grâce au deuxième disque du trio Chick'n'Swell.

Elles tiennent toutefois à préciser que, d'après elles, ce disque mérite quatre étoiles. En vérité, si ce n'était deux ou trois chansons plus faibles (notamment LOL, au message trop appuyé), la personne pas mal plus âgée qui signe ces lignes ferait de même, tant la majorité des 17 chansons sont accrocheuses. Le véritable défaut de cet album, c'est qu'il est constitué de morceaux qu'on ne peut plus se sortir de la tête! On rit aux éclats chaque fois qu'on écoute Youppi!! , on beugle le refrain de la «power ballad» Ça goûte bon le bonheur, on chantonne la simplissime Tout est tiguidou, la ridicule Pancarte à vendre à louer, l'absurde Femme âgée asiatique ou la pas pantoute «politically correct» Frères Sylvain... Arrangements solides, production léchée, textes majoritairement signés par Daniel Grenier, Victo Racing comprend quelques nouveaux classiques de la chanson d'humour québécoise. Le bonheur, ça goûte vraiment drôle.

Marie-Christine Blais
La Presse